" Parfois, j'ai peur de moi. (soupir) Je me retrouve là, entre nuits blanches et sombres pensées, des cernes jusque sous les pieds, et les pieds dans la boue. Je parle avec tant de maladresse ! Je suis confus... (hésite) Fatigué d'avoir passé ma nuit à délirer, seul, à penser à toi. Il existe surement une loi très ancienne qui fait qu'un jour, tu fermes les bras, et il y a quelqu'un dedans. Par chance, nous n'avons pas échappé à cette sublime règle ! Mais je crois que l'amour ne me va pas. J'ai l'impression que je te brise les phalanges quand je te prends la main ; j'ai peur d'écorcher tes lèvres lorsque je t'embrasse. Je m'en voudrais tellement de te voir saccagée par tant d'incapacité ! Mon esprit s'embrouille... Je tournoie et virevolte quand parfois l'espoir et la confiance me reviennent. (...) Un violon ! Si seulement j'en avais un, je pourrais te chanter des louanges... Si seulement j'avais un quelconque talent, il deviendrait le remède afin de garder ton amour ! Je voudrais me sentir capable de te rendre heureuse et de t'offrir la vie dont tu rêves. Si seulement je pouvais te garder éternellement dans mes bras, à m'enivrer de ton odeur ! Je m'égare encore et je t'imagine allongée près de moi, je voudrais te faire rire, et voir ta peau frissonner sous mes doigts... Mais j'ai peur de moi, de mon incapacité, j'ai peur de ma vie sans toi. Sans ta lumière qui m'éblouit, qui me réchauffe le coeur. Dis moi qu'un jour je retrouverai la force de te procurer la vie dont tu rêves. Berce moi d'illusions, de rêves et de mots, invente moi des histoires. Dis moi que je te rends heureuse ; promets moi que tu ressens la douceur de mes caresses et de mes baisers, douceur qui est celle de ton âme... Je ferais semblant d'y croire.
Ah, Soleil, tu tombes à pic ! "